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À propos de Kwakutse Elagbe DZAHINI

Diplômé de l’université de Lomé au TOGO et porte parole des ODD, je suis expert en Sociologie de l’éducation, spécialiste du développement communautaire et participatif, expert en suivi et évaluation de projet, consultant en Finance Entrepreneurial à KMK-CG, Président de l’Association YOUTHLEAD, Membre International Youth Alliance for Family Planning (IYAFP-TOGO), membre de Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC) et Jeune Ambassadeur en SSRAJ. J’ai un background solide dans les domaines de la formation des adultes, des techniques d’animation, de prise de décision, des techniques de communication et de plaidoyer.

Renforcement du financement de la PF en Afrique par l’approche de financement basée sur la théorie du changement social (AFBT CS)

Lancée en février 2011 lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso et  réunissant en son sein 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers, le partenariat de Ouagadougou est considéré comme l’un des moteurs, levier ou en encore une clé de voûte du développement en Afrique Francophone.

Les 09 pays bénéficiaires de ce programme sont témoins de grands changements grâces aux programmes et interventions en lien avec la planification familiale et à titre d’exemples, on peut citer en dehors des avantages socioéconomiques, la prévention des risques sanitaires liés à la grossesse chez la femme ; la réduction de la mortalité infantile ; la contribution à la prévention du VIH/ SIDA ; la capacitation des populations à agir et le renforcement de l’éducation, la réduction des grossesses chez les adolescentes, le ralentissement de la croissance de la population (la capture du dividende démographique) pour ne citer que ceux-là.

Pour amplifier les efforts en matière de financements des plans d’actions nationales budgétisées et atteindre au moins les 2.2 millions utilisatrices additionnelles de planification familiale d’ici 2020 en Afrique, il est important, sinon indispensable  d’impliquer un nombre important d’acteurs dans le financement de la PF.

Pour une forte mobilisation des acteurs et un financement plus efficace de la PF dans les 09 pays du partenariat de Ouagadougou, nous proposons « une approche de financement basée sur la théorie du changement social ».

APPROCHE DE FINANCEMENT BASÉE SUR LA « THÉORIE DU CHANGEMENT SOCIAL »

En effet, pour parler du changement social, il faut que la transformation sociale soit repérable dans le temps, qu’elle concerne l’ensemble du système social et qu’elle ait des conséquences durables. Le système social rassemble toutes les entités de la société.

Le financement de la PF doit partir donc de l’identification de la « la chaine de financement de l’action », considérer ici comme la prise en compte de toutes les actions « utiles » qui ont, soit un lien direct ou soit indirect avec l’activité principale à financer. L’identification de ces actions permettra de mobiliser plusieurs acteurs au tour de l’action ; et parlant d’acteurs, on peut citer les gouvernements, les acteurs de la société civiles, même les entreprises à travers leur responsabilité sociétale/ sociale de l’entreprise (la RSE)  etc…

A titre d’exemple, pour une intervention d’offre de service SR/ PF de qualité dans une communauté donnée, on peut identifier comme « actions utiles » dans la chaine de financement: la réalisation de l’étude de faisabilité, l’alphabétisation, l’offre de service SR/ PF de qualité (activité principale), autonomisation de la femme ou promotion de l’entrepreneuriat  etc…

Un autre exemple, les femmes ayant bénéficié d’un programme d’espacement de naissance doivent être reconduites dans d’autres programmes d’autonomisation de la femme ou de promotion de l’entrepreneuriat ; cela permettra par exemple de voire clairement en quoi l’espacement des naissances a un impact positif sur le développement socio-économique des bénéficiaires ainsi que leur communautés.

L’identification de « la chaine du changement sociale » permet d’identifier clairement le changement durable souhaité ou encore « la chaine de pérennisation de l’action ».  Chaque partie prenante pourra identifier clairement sa place dans la chaine de financement avec les moyens et les ressources à déployer.

LES FONDAMENTAUX D’UNE APPROCHE DE FINANCEMENT BASÉE SUR LA THÉORIE DU CHANGEMENT SOCIAL

  • Identification de l’action principale et autres actions parallèles devant favoriser le changement social ;
  • Identification des acteurs clés et leur mobilisations ainsi que la mobilisation des ressources au niveau locale ;
  • Le partenariat multisectoriel : mise en place d’un dispositif efficace d’action ;
  • Agir et suivre ensemble le changement social.

Mises à part les appuis des partenaires techniques et financiers, les gouvernements (des 09 pays du partenariat de Ouagadougou) doivent renforcer ou mettre en place leurs stratégies ou dispositifs de financement de la PF au niveau local pour contribuer au financement de la PF ; cela nécessite un partenariat multisectoriel au niveau local et la prise en compte de l’approche de financement basée sur la théorie du changement social.

Réduire les grossesses non désirées en milieu scolaire, quelques autres approches de solutions !

La prolifération anarchique des grossesses non désirées en milieux scolaire devient inquiétante d’année en année malgré les efforts menés pour éradiquer le fléau.

Chaque année, plus d’une centaine de jeunes filles tombent enceinte au cours de leur cursus scolaire et ce, malgré les campagnes de sensibilisation orientées vers l’éradication complète du phénomène.

A titre d’exemple, au Togo, on a recensé 12 343 cas de grossesses de 2009 à 2013, pour une seule année scolaire (2012-2013), ce sont 7000 cas qui ont été signalés et dans ce lot, on compte les enfants  du cours primaire dont l’âge est compris entre 8 et 12 ans ; laquelle situation a engendrée les décès, les avortements, les abandons des cours et biens d’autres conséquences graves.

Si aujourd’hui on recense toujours des cas de grossesses non désirées en milieux scolaire, cela ne voudrait en aucun cas dire que les nombreuses séances de sensibilisations ou actions n’ont pas  été rentable et ce n’est pas le lieu de se décourager. Les cohortes passent et il va falloir recommencer tout le temps les sensibilisations pour les nouvelles générations ; une tâche difficile mais indispensables.

Réduire les grossesses non désirées en milieux scolaire en Afrique, c’est aussi actualiser ou carrément redéfinir de nouvelles stratégies de sensibilisation ou d’actions toujours en lien avec l’initiative FP2020 , en se basant sur les leçons tirées des interventions passées.

Il est aussi primordial à ce jour, de renforcer d’une manière plus efficace, la mise en œuvre des engagements pris à MAPUTO dans le cadre du partenariat de Ouagadougou et de redéfinir de nouvelles stratégies opérationnelles en vue d’une bonne exécution des engagements à tous les niveaux.

En fin, chaque Etat doit faire appliquer avec rigueur les lois de protection des jeunes filles, à l’exemple de la loi du 16 Mars 1984 du TOGO. Même si l’Etat doit redéfinir des nouvelles grandes orientations, les OSC, surtout celles dirigées par les jeunes doivent continuer à jouer leur rôle de veille. Elles doivent poursuivre les actions de plaidoyer auprès des autorités gouvernementales pour le respect des engagements pris dans les plans d’action nationaux budgétisés des pays, avec l’aide des adultes et des partenaires techniques et financiers.

LE NOUVEAU PANBPF 2017-2022 DU TOGO A UNE PARTICULARITÉ; UN ENGAGEMENT FORT A L’ENDROIT DES JEUNES.

Renouvelé en 2017 pour un nouveau quinquennat, le nouveau PANBPF 2017-2022 du TOGO a pour objectif principal de contribuer à l’amélioration de la santé des populations par l’augmentation du taux de prévalence contraceptive moderne chez les femmes en union de 24,4% en 2017 à 35,5% en 2022 au niveau national.

Ce nouveau plan révèle également que la population du Togo est très jeune (51% moins de 19 ans et 60% moins de 24 ans). Le taux de fécondité chez les jeunes de 15-19 ans est très élevé (84 enfants pour 1000) ; 11,9% des jeunes femmes de 15-19 ans et 32,9% des jeunes femmes de 20-24 ans ont au moins déjà un enfant et le taux de grossesses précoces (15 à 19 ans) est de 17,3% et 5% de jeunes (15-19ans) accouchent chaque année.

Pour faire face à tous ces problèmes, bons nombres d’actions ont été prise en compte et budgétisé. Il s’agira principalement d’étendre les services intégrés de PF, de lutte contre le VIH et le sida, de prise en charge des IST chez les jeunes et les adolescents, dans les centres de jeunes et dans la communauté en collaboration avec les autres secteurs (budget alloué 44554781 F CFA) ; faire le Plaidoyer en faveur de l’implication des jeunes dans le plan de mise en œuvre et de suivi du PANB au Togo (budget alloué 322660196 F CFA) ; renforcer les capacités des jeunes pour leur participation active dans le processus de programmation et de budgétisation (budget alloué 14228820 F CFA) ; Organiser les recherches opérationnelles en PF et documenter les cas de succès selon les cibles femmes, jeunes, Hommes, enfant (budget alloué 85297420 F CFA) ; approvisionner tous les points de prestation en produits contraceptifs pour l’offre des services de PF dans les points de prestation des services de PF (budget alloué 9445247 F CFA).

Le budget total du PANBPF 2017-2022 s’élève à 15.302.748.992 et 1.957.585.241 de fonds sera alloué aux actions en faveur des jeunes sans les activités transversales de coordination de suivi et de supervision, soit 12,79%.

Dans le souci d’être impliqué dans la réalisation de ces objectifs, l’Alliance internationale de la Jeunesse pour la Planification Familiale représenté au TOGO par l’Association YOUTHLEAD en collaboration avec les Jeunes Ambassadeurs du TOGO, le ROSCI-SR/PF, ASD AFRIQUE, REJEF TOGO, Association Afrique ma Racine ont organisé la première édition de « la soirée de la contraception » au TOGO le 16/02/2018.

Activité parrainée par le Ministère de la santé et de la protection sociale (qui a procédé au lancement officiel des activités), a vu la participation de plusieurs acteurs jeunes surtout et avait pour objectif principal de promouvoir l’objectif 3 des ODD et mobiliser des acteurs et les jeunes intervenant dans la promotion du SSRAJ/ PF au TOGO en vue de créer une synergie d’action pour la promotion de la SSRAJ/ PF au TOGO à partir de 2018

Photo de famille prise lors de la première édition de la soirée de la contraception.

Réalisé par DZAHINI Kwakutse Elagbe, Président de l’Association YOUTHLEAD-IYAFP TOGO/ JA SR/PF TOGO

La communication pour le changement de comportement (CCC): Une méthode de lutte contre les grossesses en milieu scolaire

La problématique des grossesses précoces en général reste de nos jours un sujet d’actualité et en particulier celles non désirées en milieu scolaire un phénomène inquiétant. Selon un rapport de l’OMS publié en 2012 près de 16 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année dans le monde. Ce qui représente 11% des naissances à l’échelle mondiale. Les causes d’un tel mal sont multiples et les conséquences désastreuses.

Pour combattre ce fléau dans les pays du partenariat de Ouagadougou, plusieurs stratégies ont été adoptées. A titre d’exemple, nous pouvons tourner un regard sur « LA COMMUNICATION POUR LE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT »  (CCC) ; une méthode très efficace qui a résout d’une manière ou d’une autre ce problème dans le  lycée moderne de Tengrela en côte d’ivoire.

Les messages véhiculés dans ce lycée à l’endroit des adolescents et les jeunes étaient :

«L’école d’abord, les grossesses ensuite!» ou « Jeune fille, pour ta réussite scolaire, dis non à la grossesse. »

« Mon enfant, mon partenaire dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire. »

« L’aimer, c’est l’aider à finir ses études avant de l’enceinter. »

Convaincu par la force des réseau sociaux et vu l’efficacité de la stratégie des 3C pour combattre ce phénomène et bien d’autres problèmes liés à la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des Jeunes, Intra Health  a mis sur pied un programme de formation des Jeunes Ambassadeurs en TIC, réseau sociaux et Blogging du 20 au 23 Juin 2017 au TOGO.

Au Togo, la formation s’est déroulée à l’Hôtel Saint Paulos (à Lomé) et a vu la participation d’une trentaine de jeunes ambassadeurs (JA) venu de différentes organisations intervenants dans le domaine, dont L’alliance Internationale de La Jeunesse pour la Planification familiale/ International Youth Alliance for Family Planning (IYAFP) représenté au TOGO par l’Association YOUTHLEAD.

Cette formation a été assurée par les consultants de « Etrilabs ».

Il faut noter que ce projet de Intra Health vient en appui au Objectif 3 des ODD dans les neuf pays du partenariat de Ouagadougou.

Objectif 3 des ODD : « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de  tous  à  tout  âge ».

Photo de famille prise au démarrage de l’atelier.

Par DZAHINI Kwakutse Elagbe, Président de l’Association YOUTHLEAD, Country Coordinator International Youth Alliance for Family Planning (IYAFP-TOGO) et membre du Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC).